Le 21 janvier prochain, KENZO présentera sa collection Fall–Winter 2026 à Paris dans un format volontairement à part. Pas de runway classique annoncé puisque la Maison a choisi de dévoiler la collection au sein de la villa de ville iconique de Kenzo Takada, au cœur de la capitale, dans un lieu directement lié à son histoire personnelle et à son imaginaire.
La date compte aussi pour ce qu’elle dit du tempo parisien. Le même jour figurent au calendrier Berluti, Acne, DIOR, Songzio ou encore AMI. Dans cette journée saturée de rendez-vous, KENZO mise sur une adresse et une atmosphère, plutôt que sur la logique du grand dispositif.



Un “takeover” curaté par NIGO
KENZO décrit l’événement comme un takeover. La maison sera transformée en espace créatif pluridisciplinaire, où la mode croisera le design, l’architecture, la cuisine et la musique, dans une expérience curatée par NIGO.
Ce point est central, il ne s’agit pas uniquement de montrer une collection, mais de l’inscrire dans un environnement complet, avec des éléments de décor, de rythme et de culture qui participent à la lecture des mannequins. Dans un lieu domestique, la perception change; on regarde les matières de plus près, on comprend mieux les volumes, on saisit les détails sans la distance d’un podium.



La maison de Kenzo Takada : un havre japonais caché dans le 11e
Située près de la Bastille, dans le 11e arrondissement, la maison de Kenzo Takada est connue pour sa manière très particulière d’introduire un Japon intérieur dans Paris. Construite en 1993 pour évoquer une maison et un jardin traditionnels, elle associe minimalisme, chaleur des bois, lumière et calme, avec une sensation de continuité entre les espaces.
L’architecture a été repensée en 2018 par Kengo Kuma & Associates. Le travail de Kuma s’appuie sur des lignes nettes, des finitions boisées et une circulation plus fluide, afin de reconnecter les pièces entre elles et de renforcer la relation au patio central et au jardin. L’ensemble privilégie la transparence, la légèreté et la profondeur des perspectives.
À l’intérieur, la maison se distingue par une abondance de matériaux de qualité et de savoir-faire du bois. On y trouve notamment un grand espace de vie en split-level, un plafond à poutres et pignons, et des séparations en lames de chêne qui structurent les volumes sans les fermer. Certains espaces sont conçus comme des transitions : un engawa (corridor extérieur traditionnel en treillis de bois) et une pièce dédiée à la cérémonie du thé, avec tatamis, shoji coulissants et porche.
Le jardin, lui, est une pièce à part entière. Invisible depuis la rue, il installe au centre de la maison un paysage japonais apaisé : végétation travaillée, roches, mousses, et bassins où évoluent des carpes koï. Cerisiers, érables et autres essences composent un décor vivant, qui change avec la lumière et la saison.







Ce que le lieu laisse attendre de la saison
Le communiqué de juin donnait une clé claire. KENZO aime construire un cadre narratif précis, au point d’en faire un personnage. Pour Spring–Summer 2026, la Maison installait son histoire dans un “Club KENZO”, un lieu où les cultures se croisent, où l’on mélange punk et graffiti, tailoring et esprit pop, avec une énergie de nuit parisienne. Le texte insistait sur l’idée de communauté (NIGO’s own community), sur une liberté de style assumée (“anything goes”), et sur une collection pensée comme un terrain de jeu avec imprimés, motifs, personnages, et même une relecture d’accessoires. On se souvient du sac “mule” transformé en bowling bag, avec un clin d’œil à l’univers du club. Ce rappel est utile, parce qu’il montre ce que KENZO sait faire quand il choisit un lieu.
Pour Fall–Winter 2026, le changement d’adresse annonce logiquement une autre température. La maison de Kenzo Takada n’a pas l’énergie d’un club, elle impose, au contraire, un calme, une lumière, une présence du bois et du jardin qui appellent à plus proche de soi-même.
Autrement dit, si “Club KENZO” racontait une sociabilité et une exubérance, cette maison raconte autre chose. Il s’agit d’une continuité entre intérieur et extérieur et une forme de douceur japonaise au cœur de Paris. Une chose est certaine, en janvier, on ne viendra pas seulement voir une collection, mais comment KENZO va faire parler un lieu aussi particulier et cher à son bagage culturel.
Collaboration presse officielle
